syndicat cgt des Coop de Normandie Picardie
La négociation sur les régimes complémentaires de retraites Agirc et Arrco, hier, n'a pas permis d'avancée. Le Medef propose de repousser à 61 ans, en 2014, l'âge de départ à la retraite en échange du maintien du rendement des régimes.
Selon le Medef, relever l'âge de la retraite constitue une mesure indispensable pour sauver les régimes Agirc et Arrco, qui vont basculer dans le rouge pour la première fois.
A trois semaines de son terme supposé, la négociation sur les régimes de retraite complémentaire Agirc (cadres) et Arrco (tous les salariés) reste dans l'impasse. Hier, le Medef a présenté un premier projet d'accord où il propose de relever l'âge minimal de départ pour toucher une retraite à taux plein. Une mesure indispensable, selon lui, pour sauver ces régimes, qui vont basculer dans le rouge pour la première fois. « Si on ne fait rien, les réserves seront épuisées en 2014-2015 », a insisté Jean-René Buisson (Medef), ce que les syndicats contestent. Pour atteindre son objectif, le patronat, après avoir laissé planer la menace de propositions plus radicales, accepte de ne porter cet âge minimal qu'à 61 ans, en 2014, et de ne lancer le mouvement qu'en 2011, à raison alors d'un trimestre supplémentaire par an.
Propositions insuffisantes
Toute sa proposition est bâtie autour de cette logique en deux temps, dans l'espoir d'arracher un accord sur la durée (jusqu'en 2014). L'accord évoque une revalorisation des cotisations salariales et patronales s'appliquant aussi à partir de 2011. Le texte ne chiffre pas ces hausses (les syndicats réclament 1 %). Toujours à compter de 2011, les rendements des deux régimes seraient rendus constants, une revendication syndicale. D'ici là, ils continueraient de décroître et le rendement de l'Agirc serait aligné sur celui, plus faible, de l'Arrco (les avantages familiaux Agirc seraient aussi alignés sur ceux de l'Arrco).
Ces propositions sont largement insuffisantes pour débloquer la situation. Les syndicats sont restés vent debout contre tout relèvement de l'âge minimal de départ. « Pas question d'agir sur les paramètres d'âge ou de durée de cotisation indépendamment d'une concertation avec les pouvoirs publics », a rappelé Jean-Louis Malys (CFDT). « On tourne en rond, le Medef reste sur une position dogmatique », regrette Eric Aubin (CGT), qui préconise plutôt de « maintenir les rendements, augmenter les cotisations, salariés et employeurs, et élargir l'assiette de cotisation en y incluant la participation et l'intéressement ».
Même la CGC, pour qui l'âge de la retraite « n'est pas tabou », a protesté. « Il faut relever le niveau de vie des retraités. On ne touche pas à l'âge si on n'améliore pas le rendement », a insisté Danièle Karniewicz. « Si le blocage persiste, on n'hésitera pas à mobiliser », prévient de son côté Force ouvrière.
Prochaine réunion le 23 mars
Les partenaires sociaux doivent désormais se retrouver le 23 mars et, si nécessaire, le 31 mars. Une solution de sortie de crise sera extrêmement difficile à trouver d'ici là. Les syndicats font remarquer qu'une hausse de 1 % du point de cotisation permettrait d'assurer l'équilibre des régimes jusqu'en 2030. Le patronat a indiqué qu'il était prêt à assumer « 0,1 % » de l'effort, le reste étant à la charge du salarié. « Inacceptable », rétorque la CGT.